QR Code: Une opération à parfaire

Depuis juillet dernier, la mairie de Yaoundé impose cet identifiant électronique aux chauffeurs et à leurs véhicules, même si quelques limites sont à souligner.

C oller un code sur une portière suffira-t-il à empêcher une agression dans un taxi à Yaoundé ? Rien n'est sûr, même chez les syndicalistes qui soutien­ nent l'outil. Depuis le 3 juillet der­ nier, propriétaires et chauffeurs s’inscrivent sur la plateforme « Taxi- Yaoundé.com », conformément à une note signée le 25 juin par le maire de la ville, Luc Messi Atan­ gana. Le dispositif, soutenu par la GIZ dans le cadre du projet Mobilité verte Yaoundé (Move), doit s’éten­ dre aux motos-taxis et aux minibus. « La plateforme va permettre à la ville de Yaoundé d’avoir une base de données et pouvoir sécuriser ce do­ maine de transport urbain », expli­ quait Catherine Kalisa, conseillère technique au projet Move Yaoundé, en juillet dernier. Sur le terrain, les acteurs du secteur restent pru­ dents. Roger Nzodom, président du Syndicat national des conducteurs professionnels de transport et ou­ vriers du Cameroun, reconnaît que, « cela ne peut pas sortir définitive­ ment l’insécurité des taxis. » Le sys­ tème permet surtout d’identifier un véhicule après un incident, sans em­ pêcher l’agression. Comme lui, Pa­ trice Samen, président de la Fédéra­ tion nationale des syndicats des chauffeurs professionnels, va plus loin. « Ce Code QR n’est pas là pour lutter contre les agressions ou l’in­ sécurité », affirme-t-il. La limite principale réside dans l’identification des personnes. Le dispositif retrace le propriétaire et le chauffeur principal, mais rare­ ment le chauffeur d’appoint, sou­ vent appelé mercenaire. Or, dans de nombreux cas, l’agresseur n’est pas le conducteur mais un faux passa­ ger monté en cours de trajet, échap­ pant ainsi à toute traçabilité. Cette question de l’identification est au cœur des préoccupations syndicales depuis plusieurs années. Jean Col­ lins Ndefossokeng, président du Syndicat national des employés du secteur des transports terrestres du Cameroun, insiste sur la nécessité d’aller plus loin. « Ce n’est pas la voi­ ture qui agresse, c’est l’homme qui agresse », rappelle-t-il. Pour lui, le numéro de portière ne suffit pas, ...

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