Tendance: La dot par procuration

Entre contraintes de déplacement, convictions personnelles ou par pure superstition, les mariages traditionnels se tiennent de plus en plus sans les principaux concernés.

L e salon est plein, les familles sont réunies, les présents soigneu­ sement disposés. Pourtant, un détail surprend : le fiancé Effatakang Hope Divine, n’est pas là. Son ab­ sence n’est due ni à un acci­ dent, ni à un empêchement de dernière minute. La dot se déroule à Baham, dans la région de l’Ouest, au sein de la famille de son élue. Toute l’organisation a été menée par sa famille. La fiancée, elle, assiste bien à la cérémonie aux côtés de ses proches. Quelques semaines avant le mariage, il annonce à sa dul­ cinée qu’il ne participera pas à la cérémonie de dot. Il n’avance d’ailleurs aucune rai­ son particulière. Si la jeune femme accueille très mal cette décision au départ, elle finit par l’accepter. « Certains membres de la belle-famille l’ont mal pris. Ils pensaient que je ne voulais pas les ho­ norer », raconte-t-il. L’archi­ viste de profession, admet que son choix peut surpren­ dre, mais il l’assume pleine­ ment : « Je ne suis pas trop traditionaliste. ». Si dans ce cas, l’absence re­ lève d’un choix personnel, ail­ leurs elle est dictée par la tradition. Dans le département du Nyong-et-Kellé, région du Centre, Joly Ngo Matama n’ap­ paraît sur aucune photo de sa propre dot. Dans son vil­ lage, les futures épouses n’as­ sistent pas à la cérémonie. « Chez nous, aucune de mes sœurs n’a assisté à sa dot », explique la chargée en com­ munication. Informé à l’avance, son futur époux accepte cette pratique. Le jour venu, les fa­ milles procèdent aux échanges coutumiers sans la jeune femme. Une situation qui surprend certains mem­ bres de la belle-famille, peu familiers avec cet usage. L’absence à son mariage cou­ tumier, peut aussi être dictée par un cas de force majeur. C’est le cas d’Aïcha Njoya, une Bamoun installée au Canada avec son futur époux. Les deux jeunes se rencontrent sur place et construisent leur relation loin de leurs familles respectives. Le jour de la dot, ni le futur mari ni la future épouse ne sont physiquement présents. Ce sont leurs fa­ mill...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie