« Des alternatives existent »

Grâce Abigaëlle Togodne, ingénieur agronome.

Quelles sont les conséquences de la rareté des plants sur le calendrier agricole et les activités des producteurs de sorgho ? La rareté des plants de sorgho dans la région de l’Extrême-Nord peur avoir des conséquences im­ portantes sur le calendrier agricole et les activi­ tés des producteurs. Elle risque notamment de perturber les périodes de repiquage ou le semis, de réduire les superficies cultivées et d’affecter les rendements, dans un contexte déjà marqué par l’irrégularité des précipitations. C’est une si­ tuation qui peut contraindre les producteurs à retarder les semis ou les opérations de mise en place des cultures. Ce décalage risque de com­ promettre le respect des périodes agricoles re­ commandées, notamment lorsque les pluies de­ viennent insuffisantes ou s’arrêtent prématurément. Faute de plants disponibles en quantité suffisante, certains producteurs pour­ raient être obligés de réduire les superficies consacrées au sorgho. D’autres pourraient re­ noncer à cultiver certaines parcelles, faute de moyens pour se procurer des semences ou des plants supplémentaires. Un retard comme celui auquel nous assistons en ce moment, expose les cultures à des conditions climatiques défavora­ bles. Si les plants sont mis en terre tardivement et que les pluies s’interrompent avant la matu­ rité des cultures, comme c’est le cas, les rende­ ments vont diminuer. La rareté des plants peut provoquer également une hausse de leur prix sur les marchés. Le sorgho constitue une céréale importante dans l’alimentation des populations de l’Extrême-Nord. Une diminution des superfi­ cies cultivées ou des rendements pourrait ré­ duire les quantités disponibles pour la consom­ mation familiale et la commercialisation. Face à cette situation, y a-t-il une ou des alternatives pour une production en quan­ tité suffisante ? Les producteurs peuvent faire recours à l’arro­ sage des plants de sorgho lorsqu’ils sont encore en pépinière. Les producteurs peuvent égale­ ment adopter plusieurs stratégies pour limiter les pertes, préserver leur production et contri­ buer à la sécurité alimentaire de leurs commu­ nautés. Toutefois, les mesures à privilégier doi­ vent tenir compte de la pluviométrie, de la nature des sols et de la période restante avant la fin de la saison. Je pense aussi que les produc­ teurs peuvent se rapprocher des services du mi­ nistère de l’Agriculture et du Développement ru­ ral afin d’identifier les variétés de sorgho adaptées aux conditions climatiques de l’Ex­ trême-Nord. Les variétés précoces, lorsqu’elles sont adaptées aux conditions locales, peuvent permettre de raccourcir le cycle de production et améliorer les chances d’obtenir une meilleure ré­ colte. On a notamment la variété S-35, très adap­ tée aux zones sèches ; la variété « Séguifa et le Djamdigui » qui a un cycle précoce également. Et elle a l’avantage d’être classée parmi ...

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