Urbanisation de Yaoundé: On pense « vert »

Construction de route, aménagement de terrain pour les chantiers, sont entre autres effets de la modernisation que la Communauté urbaine veut contrôler pour conserver la végétation de la capitale.

A vant, c'était un parasol géant. Un fromager im­ mense, au feuillage si dense qu'il avalait à lui seul tout l'îlot triangulaire de l'Hippo­ drome situé face à une célèbre bou­ langerie à Yaoundé. Majestueux, vert, indestructible au milieu des immeubles gris. Ce 3 novembre, ce n'est plus qu'un champ de massacre végétal. Troncs décapités, branches broyées, l'ombre a disparu en quelques coups de tronçonneuse. Sur la plaque de chantier affichée sur le site, on peut lire que ce dernier fait désormais l'objet de travaux de réaménagement des espaces verts de la rue Nachtigal. « Les consé­ quences liées à cet abattage ont été prises en compte, mais la né­ cessité de redéfinir l'identité des paysages urbains de notre ville l'em­ porte. Le nouveau projet vise l'amé­ nagement d'un espace vert convivial, chaleureux et destiné au public qui, à coup sûr, permettra de redynamiser l'attrait de cette place et par là même de l'ensemble de la ville », explique Vianney Sabbas Avom Mbombele, ingénieur paysagiste, chef de service de l'entretien et la valorisation des forêts urbaines à la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY). Le phénomène de cette urbanisation galopante au prix de la végétation et de l’environnement dépasse Hip­ podrome. Il raconte une ville qui, à force de s'étendre, s'asphyxie. À Mvan, à la pénétrante sud de la ca­ pitale, l’avenue ombragée d’il y a encore quelques mois, n’est désor­ mais qu’une vaste étendue de bi­ tume, avec des façades d'agences de voyage à perte de vue. À Essos, le parc public est devenu un parking. La rue des Manguiers à Yaoundé I n'a plus de manguiers. La rue des Acacias à Biyem-Assi, Yaoundé VI n'a plus d'acacias. La route d'Olézoa, où l'on se promenait à midi à l'abri du soleil, n'est plus qu'un comptoir de meubles à ciel ouvert. Même les zones stratégiques sont touchées. Pour les 12,3 km de la section ur­ baine de l'autoroute Yaoundé-Nsi­ malen, il a fallu recalibrer le lit du Mfoundi derrière le Bois Sainte- Anastasie. Sa verdure et ses chants d'oiseaux ont cédé la place aux mar­ teaux et aux tracteurs La coupe n'est pas qu'une perte es­ thétique, elle a un coût humain. Le 8 octobre 2023, une digue cède sur les flancs du Mont Mbankolo : 34 morts. Les experts pointent la m&...

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